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Visite de soutien de Ségolène Royal à Arnaud Montebourg

Visite de soutien de Ségolène Royal à Arnaud Montebourg
"Oh la la, ils sont tous au garde-à-vous !". Ségolène Royal jette un oeil sur le tarmac de l'aérodrome de Châlon-Champforgeuil par le hublot du jet qui vient d'atterrir.

Au bas de l'échelle, lunettes de soleil à la main, Arnaud Montebourg ouvre grand les bras. "Cela fait tellement plaisir!".

A quatre jours du second tour des élections législatives, l'ex-candidate à l'Elysée se porte à la rescousse de son porte-parole de campagne présidentielle, en difficulté face à l'UMP, comme nombre de ses anciens collaborateurs.

La visite de soutien est menée en une heure montre en main avant deux autres étapes, Bordeaux et Châteauroux.

Au lendemain du désaveu du bureau national du Parti socialiste, qui a rejeté son ouverture vers le centriste François Bayrou, la présidente de la région Poitou-Charentes refuse tout commentaire sur les tensions qui agitent le parti.

Devant les militants de Saône-et-Loire réunis à Saint-Rémy, dans la banlieue de Châlon-sur-Saône, elle prend cependant à témoin les "électeurs du centre".

"Je leur dis qu'on n'entend plus du tout parler de la lutte contre la dette publique", déclare-t-elle à la tribune, entourée de tous les candidats PS et PRG du département.

Les "zizanies" d'appareil, "ce n'est pas ce qui compte", assure-t-elle. Elles sont "très négatives pour les candidats et les candidates".

Sur le terrain "les gens en ont assez de ces petites disputes" internes, confie-t-elle après le meeting suivi par un millier de personnes.

"Nous, tous les jours nous lançons des appels au MoDem" qui détient la clé du scrutin dans la circonscription après avoir obtenu 4,58% des voix dimanche, rappelle Arnaud Montebourg, devancé de plus de deux points par l'UMP Arnaud Danjean.

"BARBOUZES EN GOGUETTE"

"Arnaud", explique Ségolène Royal sur l'estrade de la salle Georges Brassens où règne une chaleur étouffante, "est ciblé parce qu'il a été un des points forts de cette campagne" présidentielle.

"En ciblant Arnaud Montebourg, d'une certaine façon, c'est moi que la droite cherche", poursuit l'ex-postulante à l'Elysée, qui a été accueillie aux cris de "Merci Ségolène".

Face à Nicolas Sarkozy, "qui rêve d'une Assemblée nationale où le rouleau compresseur ferait son oeuvre", il faut des députés "qui n'ont pas peur d'élever la voix", lance Ségolène Royal, qui ne se représente pas elle-même dans les Deux-Sèvres.

"Si vous ne voulez pas que cette voix se taise à l'Assemblée nationale, j'ai besoin de l'élection d'Arnaud Montebourg", insiste celle qui ne cache plus son ambition de prendre la tête de l'opposition, troquant le "nous" socialiste pour la première personne du singulier.

Derrière le pupitre, Arnaud Montebourg explique : "S'il n'y a pas un sursaut des électeurs de gauche au second tour, "il n'est pas certain que nous soyons 70 au fond d'une pièce qu'on appelle Assemblée nationale.

Devant ses troupes, il fustige une majorité "menottes aux poignets et fers aux pieds", dénonce la TVA "antisociale" et les franchises santé auxquelles échapperont les "cartes bleues bien remplies" et s'en prend aux "barbouzes en goguette" de l'UMP - allusion au passé d'Arnaud Danjean - chargés de "rapporter des têtes sur un plateau à Paris", dont la sienne.

Pour gagner, il a besoin de tous les "parents et les grands-parents qui ont oublié de voter". "Faites vos carnets d'adresse ! Sortez-les de terre et nous l'emporterons", dit-il.

Pour le député sortant, qui s'est promis d'aller chercher les abstentionnistes "avec les dents", il ne faut pas perdre une seconde. Sur le tarmac, il serre les mains d'une équipe de l'armée de l'air en entraînement. "Venez à la réunion. C'est à un jet de pierre avec vos avions et vos parachutes".
# Posté le vendredi 15 juin 2007 05:13

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