En mission pour Ségolène Royal, l'ancien Premier ministre propose dans un rapport "un tarif social de l'accès haut débit" pour réduire la fracture numérique.
Il appelle également au soutien de la filière jeu vidéo.
Un accès mensuel à Internet pour le prix d'un repas chez Mac Do. Voilà ce que propose Michel Rocard pour en finir avec la fracture numérique qui laisse un Français sur deux à l'écart de la révolution Internet. Cet accès à prix discount est une des 94 propositions du rapport "République 2.0, pour une société de la connaissance ouverte" qu'il vient de remettre à Ségolène Royal.
Dans son chapitre consacré au "progrès numérique pour tous", la plupart des propositions de Michel Rocard font écho au livre blanc adressé aux candidats à la présidentielle par le collectif Renaissance numérique. C'est le cas en particulier pour celles qui concernent l'équipement des français en micro-informatique. En s'appuyant sur des opérations de dons et "recyclage" de PC, il estime que l'objectif de 75% des Français connectés en 2012 - au lieu de 44% aujourd'hui - est "ambitieux mais réaliste". Michel Rocard propose aussi la "prise en charge de l'ordinateur portable de 100 000 étudiants, sous condition de ressources".
Le haut débit "social" à 5 euros
Une fois réglé le problème de l'équipement, c'est sur l'accès à Internet proprement dit que Michel Rocard fait sa proposition la plus originale : "Le prix de l'accès à Internet constitue une barrière pour les ménages modestes. A côté du tarif social de l'abonnement au téléphone , un tarif social de l'accès haut débit devra donc être instauré. Financé par le fonds numérique, son niveau serait d'environ 5 ¤/mois". Ce fonds numérique que Michel Rocard veut créer soutiendra aussi à hauteur de 20% les mesures prises par les collectivités pour réduire la fracture numérique.
Le collectif Renaissance numérique juge cette idée "très intéressante" et se réjouit de l'ambition d'un rapport qui "couvre tous les champs du numérique et reprend neuf de nos mesures", par la voix de sa vice-présidente, Christine Balagué. "Nous sommes aussi sensibles aux propositions sur un accès facilité pour les personnes handicapées et l'espace de liberté à préserver sur Internet", ajoute-t-elle pour LCI.fr.
Licence globale et jeux vidéo
Parmi les nombreux autres sujets évoqués, la "licence globale", soutenue à demi-mot par Ségolène Royal. Michel Rocard reste très prudent sur le sujet : l'expression n'est d'ailleurs pas employée une seule fois, tout juste souhaite-t-il "mettre en oeuvre une solution qui assure la sécurité juridique des échanges, mais préserve les intérêts des artistes autour d'une rémunération consensuelle qu'il conviendra de défendre vigoureusement au niveau européen".
L'ancien Premier ministre évoque aussi la filière jeu vidéo qui traverse une phase difficile. La France est souvent qualifié de "troisième" pays du jeu vidéo mais la filière ne cesse de perdre des emplois, au profit du Canada, par exemple. Michel Rocard veut donc aller plus loin que les crédits d'impôts déjà mis en place pour aider les éditeurs et appelle au lancement d'"une gamme d'outils de soutien aux studios, ciblant particulièrement leur besoin de financement permanent". L'UMP se préparerait à riposter avec une synthèse des propositions de Nicolas Sarkozy sur le numérique