A l'issue de sa première rencontre avec la chancelière et présidente de l'Union chrétienne-démocrate (CDU, conservateurs), qu'elle a qualifiée de "très chaleureuse", Mme Royal a déclaré: "Nous partageons totalement l'objectif que l'Europe doit défendre sa filière aéronautique" et en particulier "ses capacités de recherche". L'Allemagne et la France doivent "définir en commun des politiques industrielles", a-t-elle dit.
Interrogée sur la possibilité d'injecter de l'argent public dans le groupe d'aéronautique et de défense EADS, maison-mère d'Airbus, elle a observé: "Angela Merkel n'a rien écarté mais n'a pas pris position (...) Elle n'a pas pris d'engagement sur une recapitalisation ferme par l'Etat, sans fermer les portes, en partageant la préoccupation de bien comprendre les enjeux industriels sans interférer sur le pilotage économique de l'entreprise".
Airbus, en butte à des difficultés financières en dépit d'un carnet de commandes rempli pour les cinq prochaines années, a annoncé la suppression d'environ 10.000 emplois sur quatre ans, dont 4.300 en France et 3.700 en Allemagne.
Mme Royal s'est félicitée de la tonalité de l'entretien. "La rencontre s'est déroulée dans un climat très chaleureux avec même une certaine complicité. Je ne vois pas de divergences avec elle, le courant est très bien passé, j'apprécie chez elle son coté courageux, c'est une femme très pragmatique", a-t-elle dit.
Mme Royal s'est rendue à Berlin pour rencontrer la chancelière conservatrice et lui exposer ses projets de candidate à la présidence française. A l'occasion de cette première prise de contact, les deux femmes ont eu un long entretien qui a duré bien au-delà des trois quarts d'heure prévus initialement.
